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Airbus annonce un plan de 15.000 suppressions de postes
information fournie par Reuters 30/06/2020 à 22:18

(Crédits photo : Unsplash - Daniel Eledut )

(Crédits photo : Unsplash - Daniel Eledut )

(Actualisé avec lettre aux salariés)

par Tim Hepher, Johanna Decorse et Julie Rimbert

PARIS/TOULOUSE, 30 juin (Reuters) - Airbus AIR.PA a annoncé mardi son intention de supprimer environ 15.000 postes d'ici l'été 2021, dont un tiers en France, dans le cadre d'un plan de restructuration mis en place pour faire face à la crise du transport aérien provoquée par l'épidémie due au nouveau coronavirus.

Ce plan vise à "adapter les effectifs mondiaux d'Airbus et à redimensionner son activité dans l'aviation commerciale en réponse à la crise du COVID-19", explique dans un communiqué l'avionneur européen, qui compte environ 135.000 salariés, dont 37% atteindront l'âge de départ au cours de la décennie à venir.

Ce projet s'annonce plus sévère en termes de suppressions d'emplois que le plan "Power8" de 2007, qui avait entraîné 10.000 suppressions d'emplois chez Airbus et ses sous-traitants.

Airbus prévoit de supprimer 5.000 postes en France, 5.100 en Allemagne, 1.700 au Royaume-Uni, 900 en Espagne et 1.300 postes sur les autres sites dans le reste du monde, précise le communiqué. A cela s'ajoutent 900 suppressions de postes déjà entérinées dans sa filiale allemande Premium Aerotec.

Les détails de ce plan d'adaptation COVID-19 doivent être finalisés avec les partenaires sociaux, souligne encore Airbus, qui espère parvenir à un accord d'ici l'an prochain.

"Le processus d'information et de consultation avec les partenaires sociaux a débuté en vue de conclure des accords dont la mise en oeuvre débutera à l'automne 2020", ajoute le groupe.

"Bien que des mesures forcées ne puissent être exclues à ce stade, Airbus travaillera avec ses partenaires sociaux pour limiter l'impact de ce plan en s'appuyant sur toutes les mesures sociales disponibles, y compris les départs volontaires, les mesures de retraite anticipée, ainsi que le chômage partiel de longue durée pour les activités qui s'y prêtent", poursuit-il.

UN CHIFFRE "EXCESSIF" SELON BERCY

Le président exécutif d'Airbus, Guillaume Faury, avait prévenu le mois dernier son personnel que la chute de la demande d'avions mettait en péril la survie même de l'entreprise et qu'il fallait agir rapidement pour y faire face.

Lors d'une conférence téléphonique, il a déclaré mardi qu'Airbus avait perdu 40% de son activité en raison de la crise sanitaire.

"La crise du secteur est ainsi bien loin d'être terminée. Elle a malheureusement le potentiel de devenir plus grave encore, par exemple si une seconde vague intervient l'hiver prochain", écrit Guillaume Faury dans une lettre aux salariés du groupe. "Le retour progressif du trafic aérien commercial a commencé, mais à une vitesse inférieure à ce que nous espérions encore récemment."

"Avec le soutien de nos gouvernements et de nos partenaires sociaux, nous devrions parvenir à ce que les départs contraints que nous serions amenés à envisager en dernier ressort soient en nombre beaucoup plus faibles que les chiffres annoncés aujourd'hui", ajoute le président exécutif d'Airbus.

"Le chiffre de suppressions d'emplois annoncé par Airbus est excessif", a réagi une source au ministère français de l'Economie et des Finances.

"Nous attendons d'Airbus qu'il utilise pleinement les instruments mis en place par le gouvernement pour réduire le nombre de suppressions d'emplois (...) Airbus doit aussi réduire au maximum les départs contraints", a ajouté cette source.

Côté syndical, ce plan a été accueilli comme "un choc".

"On va avoir devant nous des semaines compliquées. Ça va être une grosse bataille pour sauver des emplois", a déclaré Françoise Vallin, de la CFE-CGC.

"C'est très lourd", a renchéri Dominique Delbouis, coordinateur FO Airbus. "Il faut parvenir à baisser ce chiffre qui nous paraît excessif et de mettre en place toutes les mesures imaginables pour ne pas avoir à déplorer le moindre licenciement contraint, c'est notre ligne rouge."

(édité par Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse)

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3 commentaires

  • 01 juillet 00:53

    L'avenir à courte terme de l'aéronautique est très sombre car le virus est encore là probablement jusque fin 2021 ce qui implique un trafic aérien réduit pendant tout ce temps...


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